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10 A 12 tonnes de rendement sans engrais avec les méteils

Agnès COMBES Webmaster / 02 51 36 82 06
13/08/2009 I Mise à jour : 09:15 I Envoyer à un ami I Imprimer cet article

50 à 100% d’augmentation du prix des engrais avec parfois des disponibilités limitées, diminution de l’emploi des pesticides dans la cadre du grenelle de l’environnement, etc… Peut-on produire un fourrage stocké de valeur correct et à faible coût ?

Depuis plusieurs années, les GEDA mènent des essais ou des démonstrations sur l’ensilage d’association céréales-protéagineux, avec au final des résultats plus que probant.

En 2008, pas d’effet azote

Malgré un reliquat sortie hiver moyen (52 u d’azote), l’apport d’azote n’apporte pas de rendement supplémentaire. La part importante de protéagineux dans les mélanges (mauvaise levée des céréales avec l’automne sec, hiver doux sans excès d’eau, minéralisation au printemps) explique en partie ce résultat.

Malgré la pression importante de maladies cette année, l’application d’un fongicide n’a eu aucun intérêt. La récolte s’effectue au stade laiteux pâteux de la céréale, et les maladies n’ont pas encore d’impact à ce stade.

Privilégier des espèces de grandes tailles

Dans cette démonstration, le mélange à base de blé, orge et pois protéagineux ne fait pas suffisamment de biomasse pour espérer un bon rendement. Il est aussi peu concurrentiel par rapport aux adventices, donc cette association présente peu d’intérêt. A l’opposé, le triticale et l’avoine sont des plantes à fort développement végétatif qui permet de faire du rendement et de concurrencer les mauvaises herbes.

Un fourrage de qualité moyenne

En implantant une association blé, orge et pois protéagineux, on espérait avoir un mélange de meilleure qualité. Au final, on obtient un fourrage de qualité proche d’un RGI en première coupe, mais son rendement est décevant. Les autres mélanges, de qualité inférieure, sont très bien adaptés pour l’alimentation des génisses ou des vaches allaitantes. Pour des animaux à fort besoin, ce fourrage sera distribué en complément pour limiter les risques d’acidose, mais il ne pourra être distribué en ration de base, sous peine de limiter les performances des animaux.

Quels mélanges implanter ?

Après quelques années d’expériences, nous avons observés des règles de base à respecter.

Il faut privilégier des espèces qui ont des précocités similaires (blé-orge, triticale-avoine) et adaptées à votre type de sol. Les protéagineux apportent de la qualité au fourrage. Les meilleurs rendements sont souvent obtenus par l’association de 2 céréales avec 2 protéagineux. Des mélanges plus simples sont possibles (1 céréale + 1 protéagineux). Il faut une densité importante pour limiter le développement des adventices. La vesce est très intéressante pour sa valeur alimentaire et sa fourniture en azote dans le mélange, mais elle doit être présente en quantité limitée car elle peut poser des problèmes à la récolte.

Associations :

- Triticale 220 gr/m² + avoine 30 gr/m² + pois fourrager 20 gr/ + vesce 10 gr/m²
- Triticale 220 gr/m² + avoine 30 gr/m² + pois fourrager 30 gr/m²
- Triticale 220 gr/m² + pois fourragers 30 gr/m² (peut aussi se récolter en grain)
- Blé 200 gr/m² + féverole 20-25 gr/m²

Pour avoir la meilleure maîtrise des coûts possibles, il est préférable d’utiliser de la semence fermière, notamment pour les céréales.

Pour 2009, afin d’acquérir le maximum de références, les GEDA du Nord BOCAGE continueront leur expérimentation sur les méteils…

Sébastien Rousseau

   
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