Vous venez de récolter des milliers de signatures pour la pétition des retraites
agricoles, que souhaitez-vous en faire désormais ?
Depuis le mois de juin 2011, nos Sections d’Anciens Exploitants se sont largement
mobilisées dans les départements pour faire signer massivement les pétitions. Tout le
monde y a participé, y compris les actifs. Aujourd’hui, on a recueilli près de 100 000
pétitions. Nous avons décidé de les remettre aux candidats à la présidentielle. Nous
donnons RDV à nos délégations départementales d’anciens exploitants à 11h le 7
mars prochain avec leurs pétitions chiffrées aux différents QG de campagne (des
précisions sur les lieux de RDV et sur l’organisation logistique leur seront transmises
dans les jours prochains). Nous lançons un appel aux actifs pour se joindre à nos
délégations ! C’est un combat que nous livrons avant tout pour vous, actifs qui serez
retraités demain.
Comment s’inscrit ce débat dans le débat global des retraites en France ?
Les différents plans d’amélioration des retraites agricoles ont permis de rapprocher les
règles de calcul des minima de retraites agricoles de celles du régime général ! On peut
s’en féliciter ! Ces avancées ont répondu, en partie seulement, à nos revendications.
Pourtant, le niveau des pensions demeure extrêmement faible. N’oublions pas que la
moyenne des pensions des retraités agricoles qui ont travaillé une carrière complète est
de 680 € par mois ! Cette situation ne peut pas durer !
Nos revendications sont claires : des retraites à carrière complète à 75% du SMIC dès
maintenant avec l’objectif d’atteindre 85% du SMIC à carrière complète, l’accès aux
mesures de majorations des plus faibles retraites pour tous les non salariés agricoles
ayant une carrière complète sans avoir à justifier de 17,5 ans d’activité non salarié, la
suppression des minorations en cas de carrière incomplète pour ceux qui n’atteignent
pas le niveau du minimum vieillesse, la bonification pour enfants forfaitaire, l’application des 25 meilleurs années et puis, le maintien des services de santé dans nos territoires
ruraux. Par ailleurs, le débat sur la prise en charge de la dépendance, une nouvelle fois
abandonné par les pouvoirs publics l’année dernière, doit reprendre rapidement! Alors
oui, il y a eu des avancées mais trop peu significatives face à des centaines de milliers
de situations encore trop précaires!
Votre combat d’aujourd’hui est en fait pour les futurs retraités. Qu’espérez-vous
comme soutien des actifs ?
Nous voulons surtout que les actifs se préoccupent de leur retraite! La situation
économique est difficile et nous savons bien que les actifs ont du mal à maintenir leurs
exploitations à flot ! Les paiements des cotisations sociales et, d’une façon générale, les
sujets sociaux sont souvent relayés au second plan! C’est une erreur et nous voulons
attirer leur attention sur cette problématique. L’économie, le social, le fiscal….tout cela
est complémentaire ! Nous attendons des actifs qu’ils en prennent conscience et
souhaitons qu’ils se joignent à leur délégation départementale et régionale d’anciens
exploitants le 7 mars prochain. Ce serait un premier pas car je le répète : par cette
pétition et par nos actions en général, nous livrons un combat qui concerne surtout les
actifs d’aujourd’hui qui seront retraités demain !
Votre Congrès annuel aura lieu les 7 et 8 mars prochains à Paris, quels sont les
thèmes abordés et qu’en attendez-vous ?
Nous avons choisi comme thème de notre Congrès, cette année, la transmission et
l’installation. Le foncier agricole est un sujet qui nous tient à cœur et qui fait l’objet d’une
commission au sein de la SNAE. Nous organisons une table ronde de 14h à 16h à
laquelle participeront Henri Bies Pere (président de la commission Structure et
Territoire de la FNSEA), Josiane Belliard (présidente de la SNPR), Sylvie Le Brun
(présidente de la SNFM) et bien entendu les JA.
Les installations régressent partout en France, même dans les régions où habituellement
elles se maintenaient à un niveau honorable. L’agriculture fait partie intégrante du tissu
économique et d’occupation des territoires ruraux. Ne l’oublions pas ! Malgré la réussite
de l’agriculture française du point de vue de sa vitalité exportatrice et commerciale, les
effectifs ne cessent de diminuer. C'est la triste réalité !
Sans prétendre renverser tout, nous souhaitons aborder quelques pistes: mieux préparer
et contrôler des cessions, redonner confiance aux jeunes désirant s’installer par des
formations mieux adaptées, revoir la politique des structures, améliorer l’accès au
foncier. Voilà ce qui compte !
Nous attendons nos délégués nombreux !