Pendant deux jours, les 25 et 26 janvier, s’est déroulé le 66° congrès annuel de la Fédération des producteurs de fruits (FNPF) près de Perpignan. La filière arboricole, sinistrée en 2011, a pu largement s’exprimer. Et pour la troisième année consécutive, le ministre de l’Agriculture a fait le déplacement.
Présent pour la clôture du congrès de la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF) à Canet-en-Roussillon, le 26 janvier, Bruno Le Maire s’est livré à un véritable discours en faveur des productions fruitières. « On ne peut pas rester dans la situation actuelle. Pour les trois mois à venir la production de fruits fait partie de mes priorités », a-t-il assuré devant un parterre de 200 congressistes dont beaucoup d’arboriculteurs durement touchés par la crise. Le ministre de l’Agriculture a orienté son propos sur la régulation du marché européen, brandissant le paquet lait comme une emblème de réussite : « Je veux le même dispositif pour les producteurs de fruits. Vous avez le droit a un filet de sécurité aussi solide que les autres filières. » En vue de la nouvelle PAC, il propose des « indemnités adaptées au niveau réel des coûts et des prix dans les différents États » et des compléments d'aide nationale qui dépasse le « de minimis », plafond de 7 500 euros. Il souhaite également des « fonds de mutualisation » afin de sécuriser les revenus des producteurs de fruits. Un revenu qui a considérablement baissé en trois ans : « je tiens à vous dire, monsieur le Ministre, que vous êtes celui qui a vu passer le revenu arboricole moyen de 22 700€ en 2008 à 4 700€, moins que le RSA », avait lancé quelques minutes auparavant Bruno Dupont, le président de la FNPF.
Le coût du travail, au cœur des préoccupations
L’Europe a été, pendant ces deux jours, le terrain de nombreuses controverses. Accusée de distorsion de concurrence par les producteurs. Notamment en matière de coût du travail et d’utilisation de produits phytosanitaires. « Arrêtez de nous rabâcher que les produits entrants sur notre territoire se doivent de respecter les mêmes règles que celles imposées chez nous, agissez pour que cela devienne une réalité rapidement », a évoqué le président de la FNPF à l’intention de Bruno Le Maire. Ce dernier a alors assuré une harmonisation des règles sur les conditions d’utilisation des produits phytosanitaires avant mai 2012. Sans jamais évoquer la TVA sociale, le ministre a aussi prôné l’allègement du coût du travail, mettant en garde contre les rémunérations agricoles « systématiquement tirées vers le bas ». Mais pour les corriger, le ministre demande la mise en place « d’une cotisation obligatoire » en complément de la caisse de solidarité instaurée en 2011. Il a également fustigé les contrôles français jugés, selon lui « trop tatillons » sur le terrain. Répondant ainsi à Bruno Dupont qui pointait « une administration qui s’évertue à chercher une aiguille dans une botte de foin pour être la meilleure élève en matière de respect du droit de la concurrence. » Sans non plus évoquer les OGM, Bruno Le Maire s’est prononcé en faveur de la « recherche et l’innovation » et à saluer l’initiative du GIS fruit (Groupement d’intérêt scientifique) pour la recherche et le développement dans le secteur fruitier.
Vers plus d’entente ?
Le ministre souhaite également que les producteurs se regroupent afin de créer de « la valeur ajoutée ». L’incapacité des producteurs à s’organiser a d’ailleurs été reprochée pendant le congrès par certains élus. Pour le ministre, il est désormais impératif d’adapter « l’offre à la demande et promouvoir la qualité des produits français. C’est une question de stratégie commune », continue-t-il, prenant comme exemple de valorisation, la mirabelle de Lorraine ou le melon de Quercy. Au final, les propositions faites n’ont guère surpris les producteurs de fruits en cette période électorale. Mais à la sortie, un goût amer subsistait pour certains reprochant au ministre un manque de propositions concrètes.