Les principales modifications apportées au précédent bilan blé tendre concerne l’estimation de collecte augmentée de 85 000 t, augmentation corrigée par une baisse des utilisations par les fabricants d’aliments du bétail, ramenées de 5,1 à 5 Mt. Les prévisions d’exportations sont révisées à la marge pour la destination communautaire, portées de 6,62 à 6,68 Mt, alors que l’objectif pays tiers est maintenu à 8,7 Mt, dont 5,6 Mt déjà chargées au 31 janvier, contre 7,65 l’an dernier (campagne record). A cette date, l’Algérie demeure notre premier client, avec 2,56 Mt réalisées contre 2,08 l’an dernier, devant le Maroc, en retrait, avec 1,02 Mt contre 1,18 Mt, l’Afrique Noire restant un débouché fidèle avec 1,22 Mt. La grosse différence provient de l’Egypte, notre 2e client l’an dernier, tout près de l’Algérie, avec 1,98 Mt et qui n’a réalisé que 126 000 t cette année, le fournisseur favori de ce pays, la Russie, étant revenu au marché. Le stock de report est augmenté de 125 000 t à 2,41 Mt, ce qui le laisse néanmoins à un modeste niveau. Pour le blé dur, FranceAgriMer augmente de 100 000 t du stock de report, porté à 337 000 t, qui rentrerait dans la moyenne des deux précédentes campagnes, conséquence d’une baisse équivalente de nos prévisions d’export pays tiers, 650 000 t contre 750 000 prévues en janvier. La prévision du stock de report d’orge passe de 936 000 à 997 000 t, ce qui ne le sort pas de ses basses eaux ; les incorporations par les fabricants d’aliments du bétail sont maintenues à 1,2 Mt alors que les exportations vers l’U.E sont diminuées de 70 000 t, à 3,4 Mt.
Le maïs plus compétitif dans l’alimentation animale
Pour ce qui est du maïs, les principales modifications de bilan, proviennent d’un ajustement en hausse des ventes à l’U.E, portées de 6,05 à 6,15 Mt et des incorporations par l’alimentation animale, augmentées de 100 000 t, à 3,6 Mt ; le maïs récupérerait donc les 100 000 t perdues par le blé tendre, le stock de report étant pratiquement maintenu, à 1,88 Mt, 15 % de moins qu’à l’issue de la campagne 2010/2011. Plus précisément, s’agissant des utilisations par les fabricants d’aliments, la révision en hausse des incorporations de maïs s’expliquerait par l’amorce d’une nouvelle hiérarchie de prix entre les trois grandes céréales fourragère jusqu’alors au coude à coude, 218 € rendu Pontivy, le maïs devenant plus compétitif que le blé dans les formulations. Mais il est plus exposé actuellement aux éventuelles tensions du marché international (baisse de la production argentine) et les écarts de prix entre le maïs et le blé risquent d’être à nouveau modifiés. Pour le moment, la caractéristique majeure des marchés céréaliers se situe sur le plan mondial comme européen et la fermeté des prix, même si elle s’accompagne d’une volatilité importante. Le froid demeure préoccupant quand l’on regarde vers l’Est, dès l’Allemagne, quant à ses conséquences sur les cultures et plus immédiatement si l’on considère ses répercussions sur les exécutions de livraisons des origines russes, kazakhes et surtout ukrainiennes à cause des ports et des canaux gelés.
Froid sur les cultures céréalières : pas d’alarmisme !
A l’occasion du Conseil céréales de FranceAgriMer, du 8 janvier, Maggy Muckenstrum et Christian Vannier, respectivement responsable de l’unité des enquêtes et données des filières et directeur de l’animation des filières à FranceAgriMer, ont tenu à désamorcer les informations alarmistes relatives aux risques de dommages provoquées par le froid sur les cultures céréalières françaises. Selon leur analyse de la situation, le stade critique de l’épi à 1 cm, n’étant pas atteint, sauf dans certains cas, pour le blé dur, les céréales d’hiver, blé tendre et orge, sont potentiellement capables de supporter les températures moyennes de -9 à -12 ° enregistrées en plaine depuis le début de la vague de froid. Ce froid s’est installé progressivement et s’est généralement accompagné d’une couverture neigeuse protectrice.