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Cultures intermédiaires : ne pas trop tarder pour les détruire

Agnès COMBES Webmaster / 02 51 36 82 06
16/08/2009 I Mise à jour : 12:04 I Envoyer à un ami I Imprimer cet article

Il ne sert à rien de tarder pour le détruire, surtout si on veut permettre au sol de reconstituer ses réserves en eau grâce aux futures pluies. Conserver le couvert trop longtemps risque aussi d'appauvrir le sol en azote avant le semis de la culture suivante.

La date de destruction de couvert dépend surtout de la culture suivante et du mode de préparation du sol

En non labour, mieux vaut laisser le temps au couvert de se décomposer avant le semis de la culture suivante. Ceci empêchera d'avoir un mulch épais, qui ralentit le ressuyage du sol et favorise l'activité des limaces.

Pour les cultures avec implantation précoce (orge de printemps, pois, …), la destruction doit avoir lieu minimum deux mois avant le semis. Pour les implantations plus tardives, comme le maïs, il est possible de retarder cette opération jusque mi-février.

La date de destruction dépend aussi du type de sol et du mode de préparation. Vu le peu de développement des couverts, ils peuvent être enfouis directement par le travail du sol. Mais avec du seigle ou de l'avoine, il faudra s'assurer que le labour a bien tout détruit pour éviter les repousses.

En cas de végétation plus imposante (une moutarde de plus de 50 cm par exemple), un broyage préalable est souvent nécessaire. Mais cette technique est onéreuse (voir tableau ci-dessous) et peu efficace, hormis en présence de moutarde, phacélie ou tournesol. Autre solution : on peut remplacer les rasettes par une chaîne tendue qui couchera la végétation lors du labour avant qu'elle ne soit enveloppée par les versoirs.

Deux modes de destruction des couverts

La destruction des cultures intermédiaires doit viser à faciliter l’implantation de la culture suivante. Elle peut être envisagée soit mécaniquement soit chimiquement. Si la destruction mécanique est préconisée dans les situations à risques, elle ne permet cependant pas l’élimination des vivaces (rumex, chiendent, …) et génère des repousses qui peuvent porter préjudice à l’implantation de la culture suivante. La destruction chimique est souvent préférée, par souci de simplification du travail et d’efficacité contre les adventices.

Détruire chimiquement le couvert

La voie chimique est aussi possible pour notamment éviter les repiquages de moutarde en cas de fin d'hiver doux. Cette opération est une des moins onéreuses.

Dans les sols plus légers avec labour en sortie hiver, la destruction du couvert est indépendante à la préparation du sol pour le semis. Selon le climat, il est possible de profiter du gel pour détruire les espèces les plus sensibles (moutarde, phacélie, sarrazin, tournesol). Pour des couverts très développés ou si les espèces ensemencées ne sont pas gélives (radis, seigle, ray-grass, …), le passage d'un outil à dents peut être envisagé. En cas de flore très diversifiée, comme par exemple en itinéraire simplifié, il est préférable d'appliquer un herbicide total. Le glyphosate ou le sulfosate conduisent à une destruction lente de la culture intermédiaire, ce qui protégera le sol jusqu'au labour de printemps. Dans les terrains limoneux, il est conseillé de laisser les résidus en surface tout l'hiver pour éviter l'érosion.

Outre ce qui a été précédemment dit, le chimique peut entraîner des risques de pollution phytosanitaire. Il faut donc le raisonner au mieux en réduisant les doses ou en le remplaçant dès que possible par une intervention mécanique.

Coût d'une destruction du couvert

Quant aux coûts de ces différentes opérations, une étude menée par la FRCUMA en 2003, 2004, 2005 sur les Pays de la Loire a donné les résultats suivants. Pour calculer les prix des chantiers, la base a été de 15 ¤/heure de main d'oeuvre et 0,15 ¤/cheval/heure de tracteur, le prix de l'outil est celui payé à la CUMA ou bien le prix de revient recalculé si c'est le matériel de l'exploitation.

Différents matériels sont utilisés pour détruire mécaniquement. Le nombre de jours disponibles étant assez faible, il faudra privilégier un matériel avec un débit de chantier important. En plus de la rapidité d'intervention, il permettra de valoriser au mieux la main d'½uvre et le tracteur.

Les appareils permettant de travailler le sol superficiellement apporteront un plus lors de la destruction. Si les conditions de ressuyage sont idéales, on aura les effets bénéfiques d'un travail du sol superficiel (aération, destruction des parasites).

Date de destruction et minéralisation

Une destruction précoce se traduit par une minéralisation plus importante de l’azote qu’une destruction tardive. Cette dernière, sans apport d’azote supplémentaire, pénalise le rendement de la culture suivante en raison d’une minéralisation moins efficace.

Mode de destruction et minéralisation

Concernant le mode de destruction, la destruction mécanique permet une minéralisation plus rapide; en revanche, la minéralisation plus lente observée après un traitement chimique du couvert permet à la culture suivante de disposer plus tard d’une quantité d’azote minérale supérieure. Enfin, il existe une interaction date de destruction – mode de destruction : en mode chimique, la destruction tardive pénalise le rendement alors qu’il n’existe pas de différence en mode mécanique.

Thierry Gain (Chambre d'Agriculture de Vendée)

   
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