Manque de fourrages : serrer la vis sans casser le système
Même si des pluies très inégalement réparties ont pu tomber sur le département, la tendance actuelle est à l'inquiétude pour les stocks fourragers.
Les ensilages d'herbe récoltés précocement sont de bonne qualité mais les volumes ne sont pas exceptionnels. Pour les repousses en foin ou en pâturage, la quantité est bien compromise dans de nombreux cantons.
Face à ce constat et avant d'envisager des achats de fourrages ou de concentrés, la priorité est de faire le point tant pour les stocks que pour les animaux.
Privilégier la voie animale
Pas question comme l'année dernière de compter sur les stocks de report, tout a été consommé cet hiver. Il y a même souvent une insuffisance de maïs ensilage pour finir les taurillons en place et pour démarrer les mâles nés l'automne dernier.
Pour ce qui est des achats, le contexte est peu favorable avec des prix de céréales, de paille, et de fourrages qui sont très élevés alors que le prix de la viande bovine reste faible, même s'il a connu quelques améliorations depuis le début de l'année.
Dans ces circonstances, la première piste consiste à diminuer le nombre de bouche à nourrir. Il ne s'agit pas de "casser" son système de production mais d'essayer de réduire les besoins. Ces décisions doivent être prises sans précipitation excessive pour ne pas engorger le marché et faire chuter les prix.
Des restrictions possibles, mais pas pour tous les lots
Avec le ralentissement de la pousse dû au manque de pluie, on ne risque plus d'être débordé par l'herbe, voire le manque va se faire sentir rapidement. Il faut donc retirer du pâturage au plus vite tout les animaux qui n'ont plus rien à y faire.
- Rentrer et mettre à l'engrais les vaches destinées à être réformées. Elles peuvent être finies avec le veau. Celui-ci profitera du régime de la mère et pourra être sevré précocement.
- Faire des diagnostics de gestation précoces pour détecter les vaches vides et leur faire prendre le chemin de la réforme.
- Sevrer les veaux d'automne avant qu'ils ne souffrent et les démarrer à l'ensilage d'herbe en cas de manque de maïs. Les vaches sans veau pourront supporter sans problème une restriction alimentaire d'autant qu'elles se sont bien refaites au début du printemps.
- Surveiller les vaches en finition pour les vendre sans état d'engraissement excessif.
- Peser les taurillons pour surveiller et limiter les poids de carcasse.
Attention, pas de restriction possible sur les génisses après le sevrage. Cette période est déterminante dans la carrière de la future reproductrice. Toute économie aujourd'hui se traduirait par des retards de croissance qui coûteraient cher demain.
Il s'agit de trouver un équilibre entre les restrictions possibles pour les lots qui ont moins de besoins ou ceux qui ont atteint un bon niveau de finition et le maintien des performances pour ceux en croissance.
Jacques - Martial BOUET, Service élevage – Chambre d'Agriculture de la Vendée