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Engrais Maïs : stop aux starters depuis 10 ans

Agnès COMBES (FDSEA 85)
14/08/2009 I Mise à jour : 16:41 I Envoyer à un ami I Imprimer cet article

Les engrais dits « starter » comme le « 18-46 » apportés au moment du semis de maïs font l’objet comme l’ensemble des engrais minéraux d’une augmentation de prix très importante. A ceci s’ajoute une efficacité sur le rendement qui n'est pas toujours évidente. A Bessay, au GAEC LA Maison Neuve, le 18-46 n'est plus au menu depuis de nombreuses années.

Les semis de maïs juste terminés que déjà on parlait d'engrais starter pour la prochaine campagne. Des certitudes : les prix qui flambent; des incertitudes: les disponibilités. Cette année, la hausse des prix des engrais a atteint 50 % sur la période juin 2007 à mars 2008. Les engrais azotés pour leur fabrication dépendent du marché de l'énergie (gaz), subissant de plein fouet la flambée du prix du pétrole. Parallèlement, L'augmentation des prix des céréales et l'amélioration de la productivité suscitent une progression de la demande mondiale d'engrais. Dans ce contexte l'offre suit difficilement la demande. L'optimisation de la fertilisation est plus que jamais d'actualité.

L'engrais starter est il toujours justifié

C'est avant tout une sécurité pour le démarrage de la culture. Il est utile en conditions défavorables : printemps froid, sols tassés, difficiles à réchauffer, parcelles mal exposées. En TCS, il est sans doute plus difficile de s'en passer. L'apport de 18/46 au semis se traduit par un démarrage plus rapide. Le maïs est moins sensible aux ravageurs (taupins, noctuelles,…). Il est visuellement plus beau, plus vigoureux. Au stade 6 – 7 feuilles, il y a une feuille de plus que le maïs qui n'a pas reçu de cet engrais. Mais cette différence peut se réduire voire disparaître à la récolte. Si cette pratique permet d'augmenter le taux de MS, le gain de rendement apparaît en revanche plus aléatoire : plus 1,5 point de MS et 0,4 tonne de MS (moyenne d'essais conduits en région Pays de Loire). Plus qu'une amélioration du rendement, c'est un gain de précocité qui est à attendre de cette fumure.

Depuis 10 ans, impasse du 18-46

Les associés Jean-Marie et Laurent Soulard du GAEC La Maison Neuve à Bessay ont cessé d’apporter cet engrais depuis plusieurs années. Jean-Marie Soulard nous présente leurs motivations et le bilan qu’ils en font aujourd’hui après plusieurs années de recul.

- Pour quelles raisons avez-vous pris la décision d’arrêter de mettre du 18-46 pour vos maïs ?

On en mettait systématiquement autrefois en engrais starter sur le maïs 100 à 120 kg par hectare pour se donner bonne conscience en fait. Et c’est suite à la mise en place du plan de fumure que l’on a commencé lors de la campagne 1998/1999 à arrêter d’apporter du 18-46. On sait que le phosphore permet une vigueur de départ au maïs et les productions animales de l’exploitation peuvent apporter cet élément. Depuis on n’apporte plus d’engrais minéral phosphaté sur l’exploitation.

L’engrais starter a priori n’a pas de résultats «naturels» au niveau de la récolte. On pouvait par contre constater uniquement une vigueur de départ plus importante. On a chez nous des terres froides et il est vrai que l’impact visuel du 18-46 était flagrant sur le démarrage de la culture.

On sait que le 18-46 a un impact acidifiant sur les sols et ça c’était aussi un argument qui nous renforçait dans le choix de cesser de l’apporter sur nos terres.

C’est d’abord l’intérêt agronomique qui nous a fait changer d’avis. Ensuite viennent s’ajouter le fait de réduire les charges et de libérer du temps. L’envolée du coût des engrais depuis un an est phénoménale et notamment pour cet engrais. Au niveau du travail à cette période de l’année il y a beaucoup de choses à faire dans les champs entre les maïs et les ensilages d’herbe. Alors gagner un peu de temps à ce moment ce n’est pas négligeable, surtout quand la météo est capricieuse et ne nous permet pas de faire tout ce qu’on veut quand on veut.

- Au niveau du rendement, avez-vous vu des différences ?

Je ne peux rien dire dessus puisqu’on ensile tout. Je n’ai aucun élément statistique de comparaison. Nous n’irriguons pas et pour nous la vraie différence sensible de rendements elle est due aux précipitations.

- Sur le plan de l’itinéraire technique, est-ce que ça à changer quelque chose sur vos pratiques ?

Pas du tout. On a rien modifié tant sur la préparation des sols entre le travail du sol et les épandages de fumier que sur la date du semis. Pour la fertilisation pour le maïs on apporte uniquement que 35 tonnes de fumier de bovins et aucun apport d’azote minéral. De temps en temps on apporte aussi du carbonate humide et un peu de potasse. Les engrais minéraux que l’on achète nous sur l’exploitation ne sont destinés que pour les prairies et les blés. On valorise nos engrais de ferme au mieux pour nos maïs.

Sébastien Ruau (Chambre d'Agriculture de Vendée)

   
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