Au 20 août, l’indice Isop de la production fourragère se situait à 80 % de la valeur de référence pour l’ensemble du territoire français, selon Agreste Conjoncture. La quasi-totalité des régions fourragères de la façade atlantique et du nord de la France étaient en déficit de production important. Sur les trois quarts du territoire, la production des prairies était affectée par la sécheresse. Etaient particulièrement frappés par le manque d’eau, les Pays de Loire, la Bretagne, la Normandie, le Nord-Pas-de-Calais, la Picardie et la Champagne-Ardenne. L’indicateur de rendement Isop y était inférieur à 75 %,.
En revanche, à la faveur des orages du mois d’août, la situation s’était légèrement améliorée dans le Centre et Poitou-Charentes, l’indicateur Isop compris entre 75 et 90 % étant associé à un déficit faible. Alors que dans le Sud-Ouest, la production est devenue déficitaire dans la plupart des zones fourragères, à l’exception des Pyrénées atlantiques. Ailleurs, la sécheresse a également affecté les départements savoyards, l’indice de rendement prairies permanentes étant compris entre 75 et 90 %.
C’est uniquement dans le Sud-Est, l’Auvergne et le sud de la Bourgogne que la production fourragère était considérée comme satisfaisante, selon Agreste Conjoncture.
Le spectre de 2003
Pour la France entière, la réalisation de la production annuelle des prairies permanentes étaient en dessous de -10 % du taux habituellement constaté au 20 août. Selon Agreste Conjoncture, ce niveau de réalisation est imputable à une production printanière, en dessous des niveaux de référence pour la majorité des régions fourragères. Mais il a été grandement détérioré par un été sec qui a limité la pousse de l’herbe en juillet et en août sur la plus grande partie du territoire. A l’exception de la Lorraine, de l’Alsace, de la France Comté et du Sud de la Bourgogne, les écarts entre le taux de réalisation et le taux de référence sont conséquents.
Au sud, les écarts sont moins marqués mais se situent à un niveau élevé en Gironde, dans les Landes, le Lot-et-Garonne, dans le nord et le centre de Midi-Pyrénées, en Lozère et en Haute-Savoie. Mais surtout la production annuelle est en retrait de plus de 30 % en Picardie, en Normandie et une bonne partie de la Bretagne, des Pays-de-Loire et de Champagne-Ardenne. Dans ces régions, la situation est comparable à la sécheresse de 2003 : les prairies n’ont pas assuré l’alimentation estivale des troupeaux et les stocks de fourrage pour l’hiver ont été entamés.