Le mardi 24 janvier, s’est tenue pour la première fois la nouvelle cotation des gros bovins. Cette cotation a fait l’objet d’une réforme ambitieuse pour rectifier de nombreuses dérives qui étaient observées par les responsables des producteurs et des groupements. Le nombre de lieux de cotation a été réduit à 4 (auparavant : 10) pour renforcer la cohérence et la notion de bassin de production. Pour l’Ouest, qui représentera plus de la moitié des bovins cotés, la zone de cotation regroupe l’ensemble des Pays de la Loire, la Bretagne, la Basse Normandie et une partie des régions périphériques. La cotation portera sur des animaux dits « cœur de gamme », correspondant aux animaux représentatifs de leur segment et à condition que la cotation porte sur plus de 20 animaux. Les abattoirs seront tenus de transmettre leurs données d’abattage pour améliorer la représentativité de la cotation.
Alain Denieulle, président de Bovi-Loire, l’interprofession bovine des Pays de la Loire, et éleveur en Maine et Loire est l’un des trois représentants des éleveurs des FRSEA présents à cette cotation. Il nous livre ses impressions après la première cotation qui s’est déroulée à Rennes le 24 janvier :
Quelle était l’ambiance de cette première cotation nouvelle formule ?
Alain Denieulle : C’était une première pour tout le monde : nouvelle région de cotation, donc nouveaux interlocuteurs, nouvelle grille, nouveaux collèges de cotation. Dans les personnes présentes, il y a ceux qui ne participaient pas auparavant aux cotations régionales qui étaient un peu perdus et ceux qui y participaient déjà comme Henri Loizeau (groupements) ou moi-même pour qui c’était moins difficile. Mais il faut bien comprendre que chaque région avait auparavant ses typicités : races spécifique ou technique de cotation ; il a donc fallu aujourd’hui apprendre à travailler ensemble avec une nouvelle méthode. Il faudra sûrement plusieurs semaines pour caler bien les choses.
Quel est l’intérêt pour les éleveurs d’avoir modifié la cotation gros bovins ?
AD : Nous allons enfin coter des animaux représentatifs d’une race ; par exemple, pour les vaches charolaises, très présentes dans l’Ouest, nous avions aujourd’hui 200 animaux à coter, en cœur de gamme, c'est-à-dire des animaux de plus de 350 Kg et de moins de 10 ans. La cotation faite aujourd’hui correspond en fait à la réalité du marché, ce qui était demandé par les producteurs. Pour d’autres races, il faudra être plus précautionneux : nous avons moins d’animaux de race limousine ou blonde, par exemple : le moindre animal hors norme peut venir perturber la représentativité de la cotation. Globalement, c’est un progrès pour tout le monde.
Comment allez vous travailler ? Aller à Rennes toutes les semaines ?
AD : non, bien sûr ; nous allons travailler par réunion téléphonique, ou visio-conférence. Nous ne ferons des réunions physiques que si la situation le demande : crise, désaccord profond, …
Comment voyez vous l’évolution des cours des bovins pour les semaines à venir ?
AD : nous sommes dans une conjoncture favorable pour les femelles : peu de vaches laitières sur les marchés, car les éleveurs laitiers veulent faire leur quota, et peu d’offre en général, comme souvent à cette période. Nous avons mis une hausse de 5 cts d’€ sur les vaches R ; nous avons bien l’intention de faire passer des hausses successives pendant plusieurs semaines. En jeunes bovins, le marché est plus tendu : léger déséquilibre entre l’offre et la demande. La quinzaine de centimes perdus sur les marchés depuis quelques semaines va se retrouver dans les cotations. Il est évident que si l’offre était mieux regroupée, on pourrait peser sur les acheteurs ; notre objectif immédiat pour ces animaux est de stopper la baisse ; nous espérons y parvenir.
Composition de l’instance de cotation :
Pour le collège amont : 3 représentants des FDSEA/JA, 1 confédération paysanne, 1 coordination rurale
Pour le collège aval : 3 représentants des entreprises (privé, coopératif et abatteur), 1 boucher, 1 groupement de producteurs.
L’administration préside cette instance par le représentant du Préfet de région ; en pratique, c’est un responsable de France Agri Mer Bretagne qui va avoir délégation pour piloter la cotation.