Une opération stickage se prépare en Vendée mardi prochain dans les GMS par les éleveurs de porcs et de viandes bovines. Interview de Laurent Menanteau et de Guy Hermouet, les présidents respectivement du porc et de la viande bovine en Vendée.
Pourquoi lancez-vous une opération stickage ?
Laurent Menanteau : Le VPF est mis en place depuis plusieurs années. Il a été créé en association avec les GMS pour mettre en avant la viande porcine française. La filière voulait sécuriser l’origine de la viande française suite à l’épisode de l’ESB et à la fois sécuriser le prix de vente pour la filière. Beaucoup de CCP ont été mis en place au même moment. Les salaisonneries n’ont pas voulu y adhérer pour pouvoir acheter de la viande de porc librement et à moindre coût. Ils avaient peur de se trouver enfermer dans un goulot d’étranglement. Depuis 6 mois, un accord a été signé entre les responsables des GMS françaises et la filière porcine pour remettre un coup d’accélérateur au VPF. La FICT (Fédération Française des Industriels Charcutier Traiteurs) ne veut toujours pas jouer le jeu. Sachant qu’un accord de principe est passé par les responsables des GMS, la volonté a du mal à descendre en province et les responsables de magasins sont plus ou moins au courant ou le VPF n’est pas une priorité pour eux. C’est pour cela que nous souhaitons faire une opération stickage mardi prochain dans les GMS.
Que pensez-vous de l’envolée du prix des céréales ?
Laurent Menanteau : Nous risquons d’être confronté à la même situation qu’en 2007 avec les conséquences de 2008 où les prix des céréales avaient augmenté et atteint jusqu’à 250 euros la tonne. Les conséquences directes sont les trésoreries des exploitations qui se creusent c’est la 1ere inquiétude. Les cours du porc ne sont pas favorables et ne permettent pas depuis 2007 de retrouver une trésorerie correcte. De même, certaines exploitations ont des frais de reconstitution de trésorerie à rembourser. Si les cours n’augmentent pas, les trésoreries seront creusées davantage, l’équilibre financier continuera d’être en péril, c’est notre 2ème inquiétude.
Pourquoi la FNB a prévu des actions ?
Guy Hermouet : 20% de revenu manque aux producteurs de viande bovine. En lançant une opération de stickage, nous visons la grande distribution et la restauration collective. Ces derniers importent de la viande avec une déficience de traçabilité, ils ne mettent pas le pays d’origine !
Nous voulons voir quelles sont les entreprises qui bradent la viande pour ensuite leur demander des comptes. Il y a une concurrence exacerber sur le marché au détriment du prix.
Auprès des pouvoirs publics, c’est la 4ème année de crise que subit les producteurs et deux plans Barnier et sarkozy se sont succédés. Les éleveurs doivent rembourser leurs prêts, une année blanche est indispensable.
Nous appelons donc tous les éleveurs de porcs et de viandes bovines à se mobiliser pour sauvegarder nos productions, mardi prochain.
Pour plus de détails sur les actions en GMS mardi prochain 7 septembre contactez vos délégués viandes et porcs et présidents de cantons