Alors que la végétation se réveille à peine, les tarières s’affairent dans les champs pour faire un premier état des lieux très utile cette année pour gérer au plus juste la fertilisation. L’heure est à l’économie, l’optimisation et au pilotage : au bureau comme dans les champs.
Début février est une période importante pour les grandes cultures, celle de faire le point sur l’état des cultures en place, et celle des choix d’intrants pour le printemps à venir. La conjoncture incite plus que jamais à leur optimisation.
Trouver le bon agencement des cultures et des intrants
Le bilan de santé de la PAC a mobilisé les cerveaux cet hiver. Sur les bureaux s’empilent encore des tonnes de brouillons et autres feuilles de calcul pour choisir entre l’aide à la diversité des assolements et la mesure agro-environnemental rationnelle. Après l’optimisation des assolements pour ne pas trop perdre d’aides européennes, c’est à l’optimisation des charges qu’il faudra veiller maintenant pour passer le cap de 2010. Les conseillers de GEDA vous transmettent en cette période de nombreuses infos utiles lors des réunions bout de champ. Quel produit, quelle stratégie ? Il faudra certainement plus que jamais piloter les interventions et apporter la juste dose au bon moment ce qui implique plus de technicité et de réactivité.
Déjà des opportunités pour économiser
Mais sortons du bureau pour aller faire un petit tour dans les champs, pour savoir d’où on part. Les cultures d’hiver sont bien en place dans le bocage et la plaine. En marais, les blés durs semés sur le gel à la mi décembre prennent leur temps pour lever, et les pertes sont variables selon les facultés germinatives des lots, mais il est encore un peu tôt pour en tirer quelques conclusions et stratégies. Dans le bocage les blés tendres (et durs) sont en phase de redressement et présentent un bon développement, et un peu d’avance. L’automne très doux y est pour quelque chose. Pour ces blés, inutile d’apporter dès maintenant de l’azote minérale, les besoins sont faibles et les blés valorisent mal ces apports. Pour le pilotage de la fertilisation, il est bien plus rentable de réaliser un reliquat azoté sortie hiver pour ajuster au mieux votre fertilisation au printemps : contactez votre conseiller, il ne reste plus que quelques jours pour profiter des ramassages organisés par la Chambre d’Agriculture et les GEDA! Les blés situés en zones humides ont néanmoins été plus abîmés avec le cumul de pluie important de l’hiver. Les triticales s’en sortent généralement mieux dans ces conditions. Cette pluie en automne et le froid de janvier retardent par contre les opérations de désherbages, les créneaux favorables sont rares et courts en plaine et la portance manque souvent en terre de bocage. Retarder un désherbage conduit à plus des doses plus élevées de produits et des risques d’échec ; encore un argument en faveur des programmes combinant un désherbage d’automne et un rattrapage.
Pesées de colzas et semis de pois au programme cette semaine
Pour les colzas, l’hiver les a bien défeuillés et il est maintenant temps de faire des pesées pour ajuster les doses d’azote. Les pesées d’avant l’hiver sur gros colza permettront à ceux qui les ont fait d’avoir un peu plus de précision et d’économiser un peu plus d’azote. Enfin, les couverts végétaux ont été détruits par le gel, même sans les rouleaux, du moins les espèces gélives comme les avoines de printemps, les phacélies et les moutardes. Cette semaine, les semoirs sont de nouveau de sortie pour implanter principalement des pois, une culture qui refait surface en Vendée, optimisation des aides oblige.
Thierry Rattier