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Le pâturage des CIPAN : Une solution « gagnant-gagnant » pour éleveurs et céréaliersChambre d'Agriculture - Service Elevage
Le 12/07/2011 à 16:48
Témoignage d’Eric BOURASSEAU, Saint Cyr-des-Gâts (85), 600 brebis en sélection en race Charmoise, 60 ha de SAU toute en herbe. Quand avez-vous démarré le pâturage des CIPAN ? « Tout le département de la Vendée se situe en zone vulnérable, avec l'obligation d'une couverture des sols pendant les périodes présentant un risque de lessivage (directive nitrates). Cette couverture peut être assurée par une culture d'hiver, ou par une culture dérobée, notamment à vocation d'absorption l'azote, dite « Culture Intermédiaire Piège à Nitrate » (CIPAN). Au départ, il y a 4 ans, un voisin céréalier avait implanté du RGI sur une surface de 20 ha. Au mois d'octobre, ce RGI était à un stade très avancé, mon voisin céréalier est venu me chercher pour faire pâturer cette parcelle avec mes brebis avant l'hiver. Le résultat très concluant au printemps m'a ensuite permis de développer cette pratique. » Quels types de dérobées pâturez-vous ? « Je préfère l'avoine noire, une plante non gélive. L'an dernier, j'en ai acheté 4 tonnes de semence chez un céréalier qui implante, pour un montant 720 € soit 16 centimes d'euros/kg. Je fournis la semence au céréalier qui le souhaite et il implante lui-même l'avoine (je n'ai pas de matériel pour les cultures). Après la récolte de céréales, il passe un premier coup de cover crop. Puis au mois d'août l'avoine est semée à 50 kg/ha avec un semoir en ligne ou à engrais. Pour finir, un coup de rouleau est passé pour favoriser le contact terre - graine. Certains céréaliers ne veulent pas semer de l'avoine noire mais préfèrent l'avoine strigosa (ou « brésilienne ») ou la phacélie, des plantes gélives mais qui évitent un déchaumage ou un traitement au Avez-vous eu des soucis sanitaires ? « J'ai eu un souci au printemps 2009, avec 350 brebis mises sur une parcelle de 19 ha de RGI, la dérobée la plus utilisée par mes voisins céréaliers. J'ai perdu 22 brebis en 6 jours, à cause d'une entérotoxémie liée à la forte valeur alimentaire du RGI au printemps, notamment en azote. Depuis ce souci, je pâture principalement de l'avoine noire, ou de l'avoine brésilienne associée avec un peu de phacélie. » Comment gérez-vous le pâturage ? « Je dispose de plusieurs parcelles de 19 ha, 11 ha et de plus petites parcelles de 5 à 6 ha. Je commence par clôturer la parcelle entière avec un fil électrique à 30 centimètres de hauteur. Par sécurité, je rajoute un deuxième fil si la parcelle se trouve près d'une culture. Le pâturage des CIPAN commence en novembre pour finir mi-avril, voire début mai pour les terres les plus humides, avant l'implantation d'un maïs ou d'un tournesol. A l'automne, je constitue un lot de 400 brebis pleines, comprenant des agnelles, et je le vermifuge avec un traitement polyvalent. Les brebis pâturent en général 2 fois chaque parcelle, avec un premier passage en novembre-décembre puis un second en hiver ou au printemps. Je change mes brebis de parcelle tous les 8 à 10 jours selon les saisons. Pour les lots de brebis en fin de gestation, nous faisons un passage le matin puis un autre le soir. La surveillance est quotidienne, et durant l'hiver les brebis disposent toujours d'une botte de foin à volonté. Par sécurité, nous avons toujours une parcelle clôturée d'avance pour changer les brebis. Le coût engendré par le pâturage des dérobées peut être estimé à 720 € de semence et 300 € de gazole. Je fais pâturer en moyenne 100 ha de dérobées par an, soit environ 450 animaux pâturant pendant 6 mois à l'extérieur de mon exploitation. » FAIRE FACE A LA SECHERESSE . Ne pas dégrader les prairies En situation de manque d'herbe le réflexe est souvent de tirer au maximum sur les prairies. Mais attention, à trop râper en situation sèche ce sont les repousses qui sont compromises, pénalisant encore un peu plus la situation et la prolongeant. La pérennité de la prairie peut également être compromise par l'arrachage de talles par les brebis. Contrairement à ce qui est souvent pratiqué, en période de faible production d'herbe il convient de maintenir un pâturage tournant et non de tout ouvrir. Allonger la période de pâturage cet automne et au printemps prochain ![]() Intégrer une production fourragère hivernale permet de réduire les besoins en stocks. L'implantation de dérobées après céréales ou en remplacement de prairies devenues peu productives est quasi-incontournable. Même si elles peuvent être stockées, elles seront dans la plupart des cas pâturées. On peut aussi rappeler que des céréales sur sols sains peuvent être pâturées en hiver, si elles se sont bien implantées et développées, sans affecter les rendements de la culture. Etre moins tributaire des stocks est aussi une solution à réfléchir et certainement à développer sur le long terme pour réduire le coût de production. Différer des lots de lutte naturelle en octobre Si les disponibilités au pâturage restent trop faibles, plutôt que de mettre en lutte au mois d'août ou septembre, attendre le mois d'octobre peut présenter un double avantage : - si la pluie est là en fin d'été, les repousses d'automne devraient permettre un flushing des brebis à l'herbe ou sur dérobées, et favoriser les résultats de reproduction, notamment la prolificité ;- les mises bas de mars rendent possible les lactations à l'herbe et diffèrent les sorties d'agneaux en juillet et août, évitant le mois de juin qui présente traditionnellement des cours tendus. Au final, les consommations de fourrages stockés et de concentrés devraient s'en trouver réduites et l'on peut espérer une amélioration des résultats technico-économiques des lots concernés. Utilisation des pailles La paille reste le substitut au foin le plus disponible et le plus adapté à l'équipement classique pour l'affouragement. Les Tableau 1 : Valeurs comparées de différentes pailles et d'un bon foin (au kg M.S.) ![]() Tableau 2 : Equivalences pailles et bon foin (au kg M.S.) pour brebis à l'entretien ![]() Finition des agneaux Pour accélérer la finition des agneaux, dans le contexte actuel de forte chaleur, ne pas hésiter à tondre tous ceux dont la croissance n'est pas satisfaisante. |
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