L'incontournable Rendez-vous bout de champ
Chambre d'Agriculture - Service Végétal
Le 20/12/2011 à 09:51 I
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A l'heure des réseaux sociaux et des échanges plus ou moins virtuels sur Internet, il en est un bien plus terre à terre, qui traverse les générations d'agriculteurs vendéens : le rendez-vous bout de champ. Outil de transmission de l'info technique de la grande époque du développement agricole des années 60, ce rendez-vous reste l'un des leviers majeurs d'acquisition de références pour le conseiller agricole et d'autonomie de décision pour l'agriculteur entrepreneur.
Nous sommes fin novembre 2011 dans le sud Vendée. Au beau milieu de la plaine de Fontenay, un attroupement d'individus vêtus de cotes et de vestes sans manches attire l'œil des automobilistes circulant sur la départementale. C'est un rendez-vous bout de champ. Quelques-uns sont accroupis dans la parcelle, et grattent le sol, ont-ils trouvé un trésor ? D'autres semblent discuter un peu plus loin, les mains dans les poches. Ce sont des experts en agriculture, finira par se dire le passant en reprenant son chemin.
Que font ces experts ?
Le rendez-vous est fixé au hangar. Là, le conseiller référent du GEDA commence par dresser les questions de chacun : les cultures sont en avance, et avec elles, tout un cortège de bioagresseurs à surveiller. Les couverts sont très développés : que faire ? J'ai implanté du lin d'hiver et les mauvaises herbes s'installent dardar. « On va aller voir ça » répond le conseiller. Il a dans son coffre toute la panoplie d'outils d'aide à la décision, il connaît la méthode de diagnostic à opérer pour chaque problématique. Son rôle dans le bout de champ : c'est de la transmettre.
Premier acte : on identifie
Sur une première parcelle de blé tendre, les agriculteurs s'affairent, le conseiller lui évalue globalement la parcelle, il n'est pas encore entré dans le champ. RAS à première vue, il rejoint le groupe déjà accroupi, en quête d'une mauvaise herbe inconnue ou d'un symptôme préoccupant. « Y a t'il des pucerons ? » lâche l'un d'entre eux. Le conseiller indique alors la technique pour observer les pucerons. Il faut regarder de très près et ne pas confondre le puceron avec une éclaboussure de terre ! L'un des agriculteurs repère un puceron sur une feuille et ensemble ils l'identifient avec la loupe que le conseiller sort de sa poche. « Faut-il traiter ? » questionne alors un autre agriculteur.
Deuxième acte : on évalue le risque
C'est à ce moment là que le groupe se déploie dans la parcelle, chacun ayant mission de compter sur quelques plantes le nombre de pucerons qu'ils viennent d'identifier. Le conseiller comptabilise alors les différentes observations remontées et indique au final si le seuil d'intervention est atteint et si elle se justifie économiquement.
Troisième acte : on lâche les idées
On passera à une autre parcelle, puis une autre, toutes différentes et riches d'informations. La séance se terminera cette fois-ci au hangar, autour d'un petit verre et d'un bout de brioche, en évoquant d'autres sujets, les évolutions réglementaires notamment. Les participants échangent leur point de vue, et souvent des idées sortent : « et si on faisait comme ci ou ça pour améliorer nos systèmes ? ». L'air de rien, le conseiller note ces idées, il les transformera plus tard en sujet de formation.
Et après le bout de champ
Riche de ces observations, chaque agriculteur s'empressera l'après-midi de mettre en œuvre sur ses parcelles la méthode de diagnostic acquise en bout de champ. Des techniques d'observation, de dénombrement, de diagnostic de cultures, des idées, vous en acquérrez de nombreuses en vous rendant vous aussi à ces fameux Rendez-vous bout de champ, savant mélange de proximité, technicité et expertise.
Thierry Rattier
Légende : Un attroupement d'individus vêtus de cotes et de vestes : les experts en bout de champ