Viande bovine en Espagne (2)
Chambre d'Agriculture - Service Elevage
Le 20/07/2012 à 09:39 I
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Un engraissement performant mais qui coûte cher
Du très jeune bovin aux céréales
Pour répondre à la demande de viande claire et maigre, les espagnols ont développé l'engraissement d'animaux jeunes tant mâles que femelles. Ces jeunes bovins sont produits à partir de veaux de races laitières ou croisées mais aussi de broutards légers de races à viande. Beaucoup d'animaux sont nés en France comme des Montbéliards achetés en veaux démarrés ou des limousins très légers. L'autre fournisseur, c'est la Roumanie d'où viennent des veaux de races laitières de 80 à 120 kg. L'objectif est de produire des carcasses de 250 à 320 kg de 10 à 14 mois. Le système d'alimentation est simple : une cellule et un tuyau qui déverse l'aliment dans l'auge avec un peu de paille pour faire le lest. L'aliment unique à très forte concentration énergétique est composé de céréales (maïs, orge) de tourteau et de graisse végétale. Les croissances sont très bonnes et les animaux semblent bien supporter ce régime, grâce sans doute à leur abattage précoce.
Un coût alimentaire qui s'envole
En Aragon, l'une des grandes régions d'engraissement, l'élevage est situé au milieu des cultures céréalières (orge en sec et maïs irrigué). Les éleveurs sont des soit des indépendants en lien avec des fabricants d'aliments soit des éleveurs intégrés auxquels un investisseurs apporte animaux, aliment et conseils techniques et qui sont rémunérés à la commission. Malgré des performances élevées, la proximité des abattoirs et une bonne valorisation des carcasses par la boucherie de détail (50% de la viande contre moins de 20% en France) le coût de la ration pèse de plus en plus lourd. Echaudé par les prix élevés des céréales, l'éleveur intégrateur rencontré (7000 taurillons /an) s'était couvert en maïs à240€/tonne avant qu'il ne baisse à moins de 200€. Par contre il ne disposait pas de contrat en tourteau. Cet exemple illustre la sensibilité de ces systèmes tout concentré sans production autonome de fourrage. Un point positif nous confie cependant cet éleveur, c'est le retour des banques pour financer l'engraissement « l'agriculture rapporte sans doute moins que l'immobilier mais le banquier est plus sûr de retrouver son capital » !