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Sobriété et maîtrise technique au service de la rémunération

Formation transmission jacques et Christian

 Le jeudi 19 juin, les éleveurs de viande bovine sont invités à une matinée portes ouvertes au Gaec La Coutancière, à Martinet. Quatre ateliers seront proposés sur les thèmes de la performance économique, le choix des espèces prairiales, l’enjeu de la transmission et l’engraissement de réformes à l’herbe.

Christian et Jacques Giraudeau sont les deux associés du Gaec La Coutancière, à Martinet. Leur exploitation spécialisée en viande bovine compte 130 vêlages en race charolaise, en système naisseur engraisseur, avec achat d’une cinquantaine de broutards par an. La surface de 135 ha est totalement consacrée à l’atelier viande bovine depuis 2025. 

3,5 Smic/UMO sur l’atelier viande

Les éleveurs réalisent un Couprod chaque année depuis 2015 avec Bovins croissance Sèvres Vendée conseils. Cette analyse régulière de la performance technico-économique de l’atelier viande bovine leur a permis de travailler sur l’amélioration de leur système de production et de leur rémunération. Ils sont ainsi passés d’une rémunération de 1,1 Smic/UMO en 2015 à 3,5 Smic/UMO en 2023 sur l’atelier viande bovine. Depuis 2017, leur rémunération est supérieure à 2 Smic/UMO, malgré un contexte économique global en viande bovine contraignant. Les éleveurs expliquent avoir « toujours visé la performance sans vouloir grossir l’exploitation pour rester à taille humaine. Mais 130 ha pour vivre à deux, c’est peu ! Il a fallu déployer plusieurs stratégies pour être performant. » Ces différentes stratégies seront abordées lors des quatre ateliers présentés, jeudi 19 juin. 

Les éleveurs ont ainsi progressivement travaillé sur la spécialisation de leur exploitation en viande bovine. De 35 ha de cultures de vente en 2015, ils sont passés à zéro en 2025 avec une augmentation de la surface fourragère et de la part de céréales auto-consommées. « Nous avons déchargé le système fourrager car nous achetions du fourrage chaque année et les rendements de céréales n’étaient pas forcément à la hauteur », témoignent-ils. En parallèle, les éleveurs se sont formés au pâturage tournant dynamique depuis 2017 et ont travaillé sur la conduite de leurs prairies (choix des espèces, date de fauche, etc.). « La mise à l’herbe débute dès février si possible pour les génisses et on se fixe l’objectif de fermer le silo d’herbe au 31 mars au plus tard avec un premier tour de pâturage terminé. » En parallèle des évolutions de leur système fourrager, les éleveurs ont travaillé sur la génétique du troupeau avec un IVMAT à 105 pour les vaches et 120 pour les mâles. « Le travail génétique réalisé paye aujourd’hui techniquement », se félicitent-ils.  

Pas peur de payer de la MSA

La maîtrise des charges de l’exploitation est également un objectif fort pour les éleveurs. « On saisit nous même les factures afin de garder la main sur nos charges », détaillent les éleveurs. « Et on ne veut pas « casser » du résultat en investissant dans du matériel. On n’a pas peur de payer de la MSA ou des impôts ! », plaisantent-ils. Leur stratégie de mécanisation est économe avec l’adhésion à deux Cuma pour la plupart des travaux de l’exploitation. « Notre objectif est de faire vieillir notre matériel avec un entretien régulier et de cibler les investissements dans le seul matériel indispensable, ou à risque, pour notre système d’exploitation. Pour le reste, le tracteur le plus récent de l’exploitation a 15 ans et la mélangeuse date de 2008 ! Et si on a besoin ponctuellement d’un tracteur, on passe en leasing avec la Cuma. » Les charges de mécanisation sont ainsi restées stables entre 2015 et 2023 et sont inférieures à la moyenne du système. 

Transmission de l’exploitation

Depuis quelques années, les éleveurs préparent la transmission de leur exploitation. Les deux frères n’auront pas droit à la retraite en même temps, mais ils ont fait le choix de quitter tous les deux l’exploitation au départ de Jacques. « Il me restera au minimum cinq ans à travailler, explique Christian, mais après mûre réflexion, je ne souhaite pas recommencer avec un nouvel associé à 59 ans. Je ferai donc une reconversion pour les années qu’il me reste. » La transmission d’une exploitation est un processus qui prend du temps. Les éleveurs se sont formés sur ce thème en 2022 et sont prêts à s’adapter selon le profil du repreneur. « On s’est fixé 2028 au plus tard pour dernière limite mais on est prêt à arrêter avant », expliquent-ils. Plus globalement, l’enjeu de la transmission en viande bovine est un sujet clé pour l’avenir de la filière et sera abordé lors de cette journée dans un atelier dédié en présence d’un des deux éleveurs. 

Mathilde Vionnet

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