Semer son couvert d'été dans les trois jours suivant la moisson
Engagé en agriculture de conservation des sols depuis plusieurs années, Valéry Landeau est un agriculteur sensible au changement climatique.
Pourquoi avoir mis en place cette pratique ?
Quand j’ai commencé à semer des couverts, j’attendais jusqu’au 15 août, espérant des pluies. Avec des étés de plus en plus secs et la volonté de réussir mes couverts végétaux, j’ai cherché des alternatives. C’est grâce à mon groupe de progrès de la chambre d’agriculture que j’ai commencé à tester la stratégie de semer le couvert dans les trois jours suivant la moisson. Je l’ai maintenant adoptée depuis quatre ans.
Concrètement, comment cette pratique est mise en place ?
Je sème mes couverts en direct avec un semoir Weaving à disques inclinés, évitant ainsi le dessèchement causé par le déchaumage. Dans le projet, le couvert était un mélange de neuf espèces (féverole, tournesol, sorgho, lin, vesce, trèfle d’Alexandrie, phacélie, radis chinois, moutarde) et je recharge en féverole en octobre si nécessaire. Depuis, j’ai modifié le couvert pour réduire le coût des semences et avoir des espèces qui s’implantent plus vite. Ensuite, je détruis les couverts avec un léger déchaumage au printemps avant d’implanter du maïs au
strip-till. Attention, il ne faut pas que le couvert soit monté à graine donc surtout pas de sarrasin !
Quel est votre ressenti sur cette pratique ?
Bien que le couvert ne soit pas nécessairement mieux qu’un couvert semé plus tardivement, la stratégie permet de maintenir le sol couvert et d’atteindre certains objectifs agronomiques (grâce à un bon enracinement). La réussite repose principalement sur le fait d’être opportuniste, selon les conditions climatiques de l’année.
En conclusion, la réussite d’un couvert d’été est très variable d’une année à l’autre, notamment à cause du manque d’humidité au moment du semis et des semaines suivantes. La stratégie « couvert d’été post-moisson » est une solution qui augmenterait la réussite.
En effet, l’idée est que le couvert implanté puisse bénéficier de l’humidité résiduelle de la culture précédente pour se développer. Les résultats du projet Climatveg ont montré qu’elle fonctionne même lors des étés secs mais cela n’apporte pas de plus-value au couvert en cas d’été humide comparé à la stratégie « semis au 15 août en attendant la pluie ». Les futurs étés tendraient vers des conditions sèches et chaudes, ce qui donnerait de l’intérêt à cette stratégie. Le second avantage est que le couvert est implanté dès juillet, ce qui lui laisse plus de temps pour profiter du mois d’août.
Il n’est pas nécessaire de travailler le sol pour préparer le lit de semence car cela provoquerait l’effet inverse. L’usage d’un semoir pour semis direct est conseillé puisque ce dernier bouleversera très peu le sol, en privilégiant des semoirs à dents.
Alexis Cochereau