Chambre d'agriculture : Propos de saison
Chaque semaine, la chambre d’agriculture Pays de la Loire livre ses propos de saison.
Fertilisation : premiers résultats RSH
Les reliquats sortie d’hiver (RSH) sont effectués sur les parcelles de céréales avant le premier apport d’azote. Sur les premières parcelles déjà analysées par la chambre d’agriculture en Vendée sur une profondeur de 60 cm, les résultats montrent des reliquats plutôt faibles, avec 30 uN de moyenne. Les céréales ont consommé plus d’azote pendant l’automne que les années précédentes grâce à une fin d’année favorable à la pousse, ce qui a permis un fort tallage. Dans de nombreux cas, l’apport tallage n’est donc pas nécessaire et impossible actuellement pour de nombreuses parcelles car non accessibles dues à la pluviométrie actuelle. Le stade clef du premier apport sera le stade épi 1cm. Si vous utilisez de l’urée, anticipez cet apport d’une dizaine de jours afin que l’azote soit assimilable par la plante. Pour une bonne efficience, une pluie d’environ 10 mm est idéale pour faire fondre l’azote et la rendre disponible aux racines. Il est encore possible d’effectuer les prélèvements pour mesurer le RSH. Pour cela, attendez que la parcelle soit ressuyée afin de ne pas fausser les résultats.
Adrien de BEUKELAER – Chambre d’agriculture Pays de la Loire
Effets des pluies de janvier sur les céréales
Depuis l’épisode neigeux de début janvier, les pluies se succèdent non sans conséquences sur des parcelles de céréales hydromorphes. Alors que les céréales présentaient un bel aspect en décembre, il peut en être autrement en ce début février.
Les symptômes d’asphyxie, c’est-à-dire un jaunissement des vieilles feuilles, va s’observer en premier lieu où l’eau stagne : zones tassées derrière les roues, les chaintres, zones plus argileuses, zones en absence de pente ne permettant pas l’évacuation…
Dans ces zones, seul l’assainissement va permettre une amélioration de la santé des plantes. En aucun cas, l’apport de phosphore ou d’ammonitrate n’améliorera la situation car il ne s’agit pas d’un problème de carence liée à un mauvais enracinement mais plutôt d’asphyxie racinaire. D’un point de vue économique, un apport de phosphore à 700 €/T ne sera pas rentable et pourra éventuellement partiellement être efficace dans le seul cas où l’analyse de terre démontre un déficit de cet élément.
Pour preuve d’un enracinement correct, Arvalis a relevé sur la station de la Jaillère (44), sur un blé semé au 16 octobre, des racines qui descendaient à 70 cm au 15 décembre et 80 cm au 15 janvier.
Il faut avoir en tête qu’un apport trop anticipé sera très faiblement valorisé (30-40%) puisqu’il y a peu de besoin pour la plante et qu’il augmentera le risque de verse.
Denis GUILLOTON – Chambre d’agriculture Pays de la Loire