Chambre d'Agriculture : Propos de saison
Chaque semaine, la chambre d’agriculture Pays de la Loire livre ses propos de saison.
Premier apport d’azote
Avec un cumul moyen de 130 mm au mois de février en Vendée, les sols affichent une saturation hydrique critique. Pourtant, l’horloge biologique des cultures s’accélère : la douceur actuelle booste la minéralisation et réveille les besoins nutritionnels.
Les premières analyses de reliquats azotés post-hiver (RSH) confirment le diagnostic : les sols sont “lavés”. Le déficit est particulièrement marqué derrière les précédents maïs grain, où la décomposition des cannes, gourmandes en azote, accentue la carence pour la culture en place. Le risque de jaunissement est réel si l’apport ne suit pas la reprise de végétation.
Pour ce premier passage, l’utilisation de formes azote-soufrées est impérative. Le soufre favorise l’assimilation de l’azote et sécurise le démarrage du colza et le tallage des céréales. Sur céréales, l’objectif est clair : soutenir la plante pour encadrer sereinement le stade épi 1 cm, prévu autour du 15 mars pour les semis d’automne.
C’est le point de friction de ce début de campagne : l’accessibilité aux parcelles.
- Surveiller la portance : ne pas sacrifier la structure du sol. Un tassement en conditions saturées pénalisera l’enracinement et l’efficacité des apports futurs ;
- adapter le matériel : privilégier les pneumatiques basse pression ou attendre une fenêtre de ressuyage, même courte, car l’efficacité de l’engrais dépendra aussi de la capacité du sol à l’absorber sans ruissellement.
Dominique MAZOUÉ – Chambre d’agriculture Pays de la Loire
Ravageurs du colza
Cette année, les conditions météorologiques de sortie d’hiver retardent l’arrivée des ravageurs du colza. À cette période, ce sont avant tout les méligèthes et les charançons de la tige qui sont à surveiller.
Ce charançon hiverne dans le sol des précédentes cultures de colza, puis vole vers les nouvelles parcelles à partir de 9°C avec des vols en masse plutôt autour de 12-13°C. Les méligèthes hivernent en lisière de forêt ou le long des haies, dans l’herbe ou les couches de feuilles. Ils quittent leur abri lorsque le sol atteint 10°C. Dès que la température de l’air dépasse 15°C, ils s’envolent à la recherche des champs de colza. Les vols en masse ne sont observés que pour des températures supérieures à 18°C.
Les seuils de températures sont atteints pour les charançons et les premiers méligèthes. Pour autant, la pluie et le vent des dernières semaines perturbent fortement les vols, limitant la capacité des ravageurs à atteindre les champs de colza. S’il convient de rester vigilant et de surveiller les parcelles, aucun traitement n’est actuellement à prévoir.
Renan LEHUÉDÉ – Chambre d’agriculture Pays de la Loire