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SR 85 : « Je voulais sortir de ma zone de confort »

SR 85 : « Je voulais sortir de ma zone de confort »

Matéo Giraud a rejoint l’équipe du Service de Remplacement du secteur de La Châtaigneraie après son BTS Acse et un CS bovin viande. 

« Mes patrons m’ont transmis leur passion du métier », répète Matéo Giraud, 21 ans quand on le questionne sur son jeune parcours en agriculture. Non issu du milieu, c’est le voisinage d’une ferme face à la maison de ses parents à Saint-Sulpice qui a animé, enfant, ses premiers émois agricoles entre tracteurs et vaches.

Ses trois ans et demi d’alternance en BTS Acse(1) et CS Conduite d’un élevage bovin viande au sein du même Gaec Chaigneau, à Saint-Maurice-des-Noues, ont affiné son intérêt pour la production allaitante. Il y a puisé son enthousiasme professionnel au contact de ces exploitants « attentifs et pédagogues ». « J’ai su alors que j’étais sur la bonne voie », résume Matéo. Depuis fin janvier, il a intégré l’équipe du Service de remplacement du Sud-Vendée. « Postuler au SR, c’était une façon de m’ouvrir à des pratiques différentes, des productions différentes », justifie le nouvel agent qui avait jusqu’alors été porté par son apprentissage.

Découvertes

En devenant remplaçant, Matéo n’est pas déçu par le dépaysement, entre lavage en atelier cunicole avant les mises bas, traite, pansage, sevrage en porcherie, volailles, travaux culturaux. « Sortir de ma zone de confort, voir si j’étais capable d’assumer autant de changements, c’est ce que je recherchais », positive le jeune salarié qui s’est même découvert un intérêt pour la production porcine. « J’aimerais en apprendre davantage », évoque Matéo lui-même surpris par le sujet. 

Il l’admet, au SR il faut faire preuve de « beaucoup de capacités d’adaptation quand, en une journée, on commence par la traite, puis on va dans une deuxième exploitation avant de filer dans une troisième ».

Il réalise que « l’organisation est très différente de ce qu’[il] connaissait comme apprenti ! ». Au démarrage de son contrat au SR, Matéo s’est d’abord un peu inquiété de son planning léger, mais depuis trois mois, les semaines sont complètes, cumulant même quelques heures supplémentaires. 

Gagner en maturité

Il a le sentiment de faire progressivement sa place ; il remarque que « les adhérents [le] connaissent mieux, certains qui avaient perdu l’habitude du SR reprennent quelques missions ». Depuis deux mois, il assure la traite dans la même exploitation où l’un des associés est en arrêt de travail. Matéo veut y voir une expérience qui fait gagner en maturité « car le temps du remplacement, on nous confie une exploitation, ce n’est pas rien… ». Il a aussi compris que la confiance se prépare : « Maintenant, j’ai pris le pli d’appeler l’adhérent avant d’intervenir pour préciser les horaires et les travaux. Même si les responsables planning nous donnent déjà ces indications, je trouve que c’est important de revoir ça avec l’agriculteur, c’est aussi une façon de me présenter ; il sait que je viendrai ! »

D’ici quelques années, comme la plupart de ses collègues, Matéo espère s’installer, « avec des associés pour garder une vie sociale, familiale et pour pouvoir croiser plusieurs visions du métier, des techniques, des projets… ». Quand il s’interroge sur son avenir, quand il essaie de rebattre les cartes pour tester ses certitudes, la même évidence apparaît, il ne se « voit pas faire autre chose que devenir agriculteur ». Et il en rit. 

Catherine Baty

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