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Les récoltes de blé et d’orge sont bonnes, les prix beaucoup moins

Les récoltes de blé et d'orge sont bonnes, les prix beaucoup moins
©Soufflet

De bonnes récoltes d’orge, de blé et de colza pour juillet 2025. Analyse de François Pignolet, directeur Récolte chez Soufflet, qui met en avant la qualité d’une récolte qui, en Vendée, est à peu près avancée à 80 % en cet « avant-14 juillet ».

« Au niveau de la récolte, c’est heureusement bien meilleur que l’an dernier: + 35 à 40 %. On s’achemine vers une « année nor- male plus ». Dans les deux sous-régions de Vendée (bo- cage et plaine), on obtient des résultats intéressants. Le souci, cette année, sur l’ensemble des céréales, c’est des protéines peut-être un peu faibles. Mais cela reste très acceptable par le mar- ché, à la fois par la brasserie (pour les orges de brasserie), et par la meunerie (pour les blés). 

Pour les calibrages, on est à 88-90 pour les orges de prin- temps, ce qui est très bien. En poids spécifique (PS), pareil, très bien: on est presque à 68-69 sur les orges. Pour les blés de force, on a des pro- téines globalement bonnes, 10,9 de protéines ; des PS excellents, entre 78 et 80. On est sur une année très bonne en blé : entre 65 et 70 q/ha. Avec une préci- sion géographique : plutôt de l’ordre de 65 q dans le bocage et 70-75 q dans la plaine. 

En blé dur, en plaine, on est sur de la protéine à 13,5 – 13,7, avec des PS au-des- sus de 80. Soit une moyenne, en Vendée, à un peu plus de 13 et un peu plus de 81 de PS. En colza, c’est très bon. L’an dernier, on avait des soucis d’orobanche en Vendée. L’amplitude des rende- ments va de 30 à 45 q, avec une moyenne autour de 41 q en plaine et 37 en bocage. On est dans une « année moyenne plus ». 

Des prix peu valeureux 

Malheureusement, ce qui manque, c’est les prix ! Car en blé tendre, on a une récolte mondiale qui est plutôt bonne. Mais avec une situation géopolitique particulière. Deux exemples : la Russie vient de décider de supprimer ses taxes à l’exportation, donc les blés russes à l’export sont moins chers. Second point: l’Algé- rie, avec qui on a des rela- tions problématiques, est le premier client pour les blés français. Or, depuis presque un an, l’Algérie a arrêté d’acheter des blés français. Ce qui nous fait 4 millions de tonnes de blé de moins à exporter rendant le marché lourd. Heureusement, on a des pays tels que le Maroc, ou récemment l’Égypte, qui font appel au blé français. Il y a aussi des pays qui sont demandeurs d’orge four- ragère comme la Chine. Sachant que cette année, on a des calibrages très bons en orge de brasserie. Donc on aura une capacité à faire de l’orge fourragère qui va être moins importante que d’habitude. 

Sur le Matif Euronext blé, le blé vaut entre 195 et 200 € sur septembre. Avec des primes qui sont négatives pour aller à La Rochelle ou les autres ports d’exportation. L’orge fourragère, ça vaut le blé avec une décote entre 12 et 15 € (rendue portuaire). Ce qui fait vraiment des prix très dégradés, assez large- ment en dessous du coût de production de l’agriculteur. C’est un problème structurel au niveau de la production de céréales en France. Pour le blé dur, on surveille avec beaucoup d’attention le Canada et ses rende- ments. Parce qu’en France, on n’est pas très cher: ça vaut largement moins de 300 € la tonne de blé dur. Et si le Canada a une bonne récolte, ça peut encore baisser. Notre seul avantage en France, c’est que nos deux industriels pastiers français achètent exclusivement du blé dur national pour faire des pâtes Origine France, protégeant un peu notre marché. Mais aujourd’hui, on sera contraint d’exporter un peu de ce blé dur, ce qui devrait peser sur les prix. Malheureusement, là aussi, on va commencer à être en deçà du prix de coût de pro- duction pour l’agriculteur. Je suis inquiet quant à la capa- cité du producteur à réaliser des marges positives. 

Après, on a régulièrement – et notamment cette an- née – une « pression de récolte ». C’est-à-dire que l’agriculteur a vendu assez peu en France, et donc le monde agricole commence à vendre aussi au moment de la récolte. Ceci pèse un peu sur le marché. Espé- rons que quand cette vague de vente précoce se tarira (fin septembre), on ait une capacité de rebond des marchés. »

Tournesol et maïs : c’est pour bientôt 

« Avec le gros coup de chaud passé et les températures, et le manque de pluie, le maïs
et le tournesol souffrent beaucoup. On a des récoltes qui sont en train de se réduire
assez fortement en tournesol et en maïs. Et ça, c’est vrai pour l’ensemble de l’Europe
(sauf en Pologne) mais quand même jusqu’en Roumanie, Bulgarie…
Donc est-ce que les prix mondiaux du maïs et du tournesol vont augmenter, parce
qu’on a une faible récolte en Europe? Ça dépendra de la récolte qu’on va avoir aux
États-Unis. Ça va être le combat entre l’offre et la demande mondiale du maïs. Mais
c’est vrai qu’aujourd’hui, on commence à être un peu en risque sur le bilan européen
de maïs et de tournesol. Parce qu’il fait trop chaud. Donc, on va dire drapeau orange
(Orange Flag), pas encore rouge mais presque. »

Yvelise Richard

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