Les nouveaux élus chambre d’agriculture réunis sur la ferme expérimentale des Établières
Tour des expérimentations, état des cheptels vendéens, point sanitaire FCO-MHE, loi d’orientation agricole, interpellation du préfet sur les dégâts liés aux sangliers et sur l’urgence à la souveraineté alimentaire.
Après une première session dite d’installation dans la foulée des élections chambre d’agriculture, la session estivale s’est tenue sur la ferme expérimentale des Établières. Pour le référent professionnel de la ferme, Régis Guibert, « c’est une ferme dans la ville encadrée par une voie de chemin de fer, un barrage, une zone commerciale et des réseaux routiers ! La ferme est en système naisseur-engraisseur en viande bovine avec l’objectif de fournir des résultats et de prendre des risques sur des expérimentations à la place des éleveurs. Depuis 2020, la ferme est passée de 150 ha à 300 ha avec 150 vaches en système naisseur-engraisseur. L’exploitation comprend sept salariés dont deux spécifiques aux expérimentations. » Sixtine Fauviot, responsable des expérimentations sur la ferme, explique que l’un des objectifs est d’obtenir une couverture au maximum des sols avec l’application de l’agriculture de conservation des sols sur l’ensemble de la ferme. Par exemple, destruction de prairies au printemps, implantation d’un couvert pâturable mi-juillet qui permettra de prendre le relais des prairies pour maintenir du pâturage estival et ainsi éviter l’affouragement. Au-delà, la session a aussi été l’occasion d’une nouvelle interpellation du préfet de la Vendée sur l’urgence de la mise en œuvre de la souveraineté alimentaire ainsi que les dégâts de sanglier. Ces deux motions étaient portées par les JA et la FDSEA.
Poursuite de la baisse du cheptel bovin vendéen
Entre 2024 et 2023, l’effectif bovin allaitant vendéen est en diminution de 3%. Sur les dix dernières années, la perte est de 20%, a présenté Estelle Cercier, responsable identification de la chambre d’agriculture. « Baisse du cheptel vaches allaitantes vendéen, -3% par rapport à 2024 et -25% par rapport à 2013. En vache laitière, le lait est à -4% par rapport à 2024 et -32% sur dix dernières années ». « Les vaches et plus globalement l’élevage restent s’il y a une rémunération au juste prix de l’éleveur, et quand une vache disparaît, c’est aussi 1ha de prairie qui disparaît », a rappelé Brice Guyau.
FCO et MHE : vacciner pour protéger les élevages
« Nous sommes actuellement en période de forte activité vectorielle pour la FCO et la MHE, liée au développement du moucheron ». Raphaël Ralu, directeur du GDS Vendée, a expliqué que globalement pour les élevages touchés en Vendée, 1,5 à 2 animaux ont été malades par élevage. La mortalité a été plus importante en FCO8 qu’en MHE. Dès l’apparition de signes cliniques, il faut solliciter une déclaration par le vétérinaire afin qu’il puisse si nécessaire déclarer le foyer. « Le prix des vaccins est de l’ordre de 5 € par dose, il faut le concevoir comme un investissement. Le conseil est de vacciner massivement les bovins comme les ovins », a insisté Raphaël Ralu. De nouveaux sérotypes de la FCO sont présents en proximité, exemple FCO1 en Espagne avec la vaccination pour ce sérotype qui est gratuite sur la zone des Pyrénées. Le directeur de la DDPP a fait le parallèle avec l’influenza aviaire : « la vaccination a protégé les élevages avicoles vendéens depuis un an et au niveau national, cela a évité entre 400 et 700 foyers ».
Loi d’orientation souveraineté alimentaire et renouvellement des générations
Brice Guyau a résumé aux participants la future loi d’orientation comme étant enfin la mise en œuvre de simplification et le positionnement de l’agriculture comme enjeu national majeur au même niveau que l’environnement. Concernant la loi de simplification, la prochaine étape est la commission mixte parlementaire qui aura lieu le 30 juin. Pour rappel, cette proposition des sénateurs Duplomb et Menonville porte sur les ajustements ICPE, recours assurance prairie, simplification de la protection des cultures, améliorations les conditions d’utilisation des produits phytosanitaires, préservation de la ressource en eau, simplification des procédures de renouvellement du drainage…
Alexandre GUERINEAU